I am Greta, ou la mise en récit de l’éco-anxiété

I am Greta, ou la mise en récit de l’éco-anxiété

Sorti dans nos salles de cinéma fin septembre, le récit du parcours de la jeune militante Greta Thunberg interroge l’inaction des gouvernements du monde entier face à la crise climatique.

« Je voudrais tellement ne pas avoir à le faire », murmure Greta en embarquant en 2019 sur le voilier Malizia II. Direction : le sommet mondial pour le climat de l’ONU. On peut se demander comment on en est arrivés à compter sur des enfants de quatorze ans pour faire bouger les lignes. Ainsi le film raconte la fragilité de l’enfance dans un monde d’adultes niant les conséquences de la crise climatique.

A mi-chemin entre le documentaire et le reportage scénarisé, I am Greta est une immense claque pour son public. Bien que l’on y déplore quelques longueurs, le documentaire très scénarisé n’en reste pas moins édifiant pour comprendre l’engagement de la jeunesse contre la crise climatique. Finalement, on peut se demander si certaines séquences ne s’éternisent pas pour une seule et même raison : dénoncer le scandaleux contraste entre l’intensité des efforts de Greta et la méprisante inaction de ses interlocuteurs. A chaque plan, c’est bien la souffrance et le désarroi qui sont dépeints. Désarroi quand, devant les dirigeants de plusieurs pays, Greta pleure en parlant de la disparition des espèces et de l’érosion des sols. Désarroi encore dans le regard échangé avec une autre militante quand Greta entend, durant la COP24, un discours vantant les mérites de la chasse d’eau écologique.

Là où on serait tentés d’y voir, classiquement, le récit d’un parcours militant, on est vite bouleversé par la sensibilité avec laquelle Nathan Grossman raconte Greta, ses luttes, ses chagrins et surtout son travail acharné pour faire prendre conscience du tragique destin dans lequel le monde se précipite. Le paradoxe est là : plus la caméra s’attarde sur le chagrin de Greta, plus le film tend à l’universel.

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